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Monsieur Le Président...
Jacques Valentin. Présidents de Course, qui êtes-vous ? Pour mieux les connaître, nous avons rencontré Jacques Valentin. *Quand et comment as-tu débuté ? C’est en 1977 pour une course de nuit à Lans argues et 6 mois après, le titulaire étant malade, je présidais ma première grande course toujours à Lans argues. Pour moi, le taureau est une grande passion et cette fonction me permet de vivre cette passion intensément. * Ce n’est pas toujours simple ! Non effectivement et aujourd’hui moins que hier. Cependant, il y a trois éléments qui ont facilité notre tache, d’abord les ficelles de couleur, car c’est toujours de là que partent les litiges. Ensuite, la limitation du nombre de raseteurs et enfin et surtout, la nomination de juges de piste. Ces derniers sont pour nous, une aide précieuse. * Les principales qualités que doit avoir un président ? Les compétences bien sûr, mais aussi être juste et ferme. * Le règlement vous donne des armes que vous semblez hésiter à utiliser ? . Il est un fait qu’exclure un tourneur ou un raseteur n’est pas simple car nous avons des retombées négatives, et j’en parle en connaissance de cause, ma première exclusion m’a couté ma place de président dans une autre arène. Il faut donc pour pouvoir le faire, être plus soutenus par la FFCC avec une commission de discipline qui devrait être plus active et plus ferme. * Que penses-tu du système à points dans les courses ? Il est vrai que la course aux points génère pagaille et certains taureaux ne s’en remettent pas, mais s’il faut revoir la forme, je pense qu’il faut garder la compétition, sans quoi la course camarguaise est morte. * Dans votre tâche difficile, vous avez des accesseurs. A quoi servent-ils ? Ce sont des postes indispensables, sans eux nous ne pourrions exercer notre fonction correctement. Pour ma part, Régis est avant tout un copain, nous sommes très complémentaires et même complices, et ce depuis 20 ans. * Le président a-t-il la possibilité de peser sur la qualité de la course ? Il en a plus que la possibilité, ce doit être un objectif. D’une course moyenne, nous devons en faire une bonne, et d’une bonne une excellente. Il faut qu’à la fin, nous ayons le sentiment de ne pas avoir commis de faute et d’avoir mené la course aussi haut que les ingrédients du jour pouvaient le permettre. * Pourtant, on a l’impression que vous peser inégalement en fonction des taureaux (barricadiers ou plus difficiles) ! C’est vrai qu’il est plus facile d’emballer la course d’un barricadier parce que les actions s’enchainent, le public exulte, il y a de l’ambiance. Pour un taureau qui se tient, les hommes le craignent et s’engagent moins, le public attend, parfois siffle et c’est donc plus difficile. * Le faites-vous en toute indépendance, de l’organisateur ou des manadiers ? Totalement, je n’ai jamais subit la moindre pression. * Pour garantir cette indépendance, la FFCC souhaiterait « désigner » les présidents de course. Cette question a été débattue à l’association des présidents de course, 29 adhérents en 2008 contre 15 en 2007, et elle s’est prononcée contre. L’organisateur doit pouvoir maîtriser ce poste qui peut influer sur la réussite de la course. *La FFCC propose également de former les futurs présidents, qu’en penses-tu ? Sur ce point, l’association est d’accord à condition qu’elle y soit associée. * Comment qualifierais-tu vos rapports avec raseteurs et manadiers ? Bons, ils sont en général très bons. C’est là que l’existence d’associations, de raseteurs, de manadiers ou de présidents permet de surmonter collectivement ces petites péripéties. Merci donc à Jacques Valentin pour avoir livré ses impressions de président de course, fonction dans laquelle nous le retrouverons dans ses arènes fétiches que sont Lansargues, Le Grau ou Lunel.
Emile Grande
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