CONGRES F F C C
L’esprit règlement de comptes a prévalu sur le bon sens
Toutes les motions et candidatures rejetées.
Après la défection de Pérols, c’était donc St Gilles qui accueillait le congrès de la Fédération Française de la Course Camarguaise.
La superbe et pourtant immense salle ne suffira pas pour contenir les délégués et aficiouna venu pour suivre ce congrès.
Certes, un communiqué de l’ACTO, Association des CT Organisateurs, que nous avons publié vendredi
jetait de l’huile sur le feu et faisait rebondir un malaise qu’on croyait terminé. Aussi il était prévisible qu’il allait se passait quelque chose, et bien entendu cela suffisait pour attirer la foule.
Après le rapport moral, Vincent Bayol étalait au grand jour les comptes fédéraux qui faisaient apparaître un excédent comptables de plus de 33000 Euros.
On peut donc dire que les finances fédérales sont saines.
Jacques Mailhan, président de l’association des manadiers de race Camargue, accompagné de Françoise Peytavin, nous expliquait longuement la situation difficile de la profession au regard de la santé bovine. La lutte contre la fièvre aphteuse, la brucellose, la langue bleue et la tuberculose fragilise nos élevages. Outre le travail, le coût c’est aussi de la fatigue supplémentaire pour les animaux durant une période où ils seraient mieux tranquilles dans leurs pâturages. Mais ça ne s’arrête pas là, car les tests s’ils s’avèrent positifs ou même douteux bloquent les sorties des taureaux des manades affectées. Un élevage sur deux est passé par la phase « douteuse ». Et si avec l’interféron, le dépistage est plus précis, on est loin des 100 % car souvent le test s’avère négatif après l’abattage. Et même les 900 € attribués par animal abattu, ne compense pas souvent la perte d’un bon cocardier.
Mais, nous dira J Mailhan, c’est le prix à payer pour assainir nos cheptels.
Dans les quatre départements (13, 30, 34,11) il y a 279 élevages, camarguais et espagnols, avec 22600 bêtes à tester (les plus de 24 mois). A ce jour, 13000 ont été contrôlés ce qui a donné 66 positifs et 198 « douteux ». 51 ont été abattus et après coup, 12 se sont révélés atteint de la tuberculose.
Françoise Peytavin insistait sur la nécessité de réduire les occasions de contamination, notamment au niveau des torils (mélanges de taureaux d’abrivado et de cocardiers, ou même le passage successif dans une même case non désinfectée entre temps).
On le voit, cette question de la santé de nos taureaux occupe le devant de la scène.
La commission des licences faisait ensuite le point sur le nombre de licenciés, notamment chez les manadiers (120).
Le rapporteur de la commission médicale, insistait sur la santé des raseteurs. Si on dénombre moins de blessures par corne, les nombres de traumatismes et d’accidents musculaires sont en augmentation. Le rapporteur insistera également sur la difficulté à trouver des assureurs pour nos manifestations taurines.
Le dernier rapporteur, Caroline Jauffray-Redon, abordera longuement et très méticuleusement la question de la communication.
L’esprit est de faire feux tous azimut pour mieux se faire connaître et arriver à une véritable reconnaissance de ce « sport » qu’est la course Camarguaise. Elle a exploité toutes les pistes pouvant aller dans ce sens, faisant des propositions qu’il appartiendra à la Fédération de mettre en œuvre.
Enfin pour conclure, Henri Itier président de la FFCC s’est voulu conciliant mais d’un ton ferme, appuyant chacun de ses mots clefs, a remis les pendules à l’heure. Chacun a le droit de critiquer, mais positivement, pas démolir pour le plaisir de s’opposer.
<il évoquait les distensions entre la FFCC et deux quotidiens régionaux, le tout créant une atmosphère détestable durant la saison 2009. Il annonçait que tout cela était enfin réglé, rendant hommage à notre journal pour sa constance et son travail d’information permanent.
L’heure est à l’union, dira-t-il, lançant un appel à la raison à l’ACTO pour être force de proposition et non d’opposition systématique.
Chacun doit être à sa place, enchainera H Itier prenant deux exemples. D’abord le souhait de confier à l’association des présidents de courses la mission de former les futurs présidents de course. Puis, en direction de l’ACTO et des clubs taurins son souhait de les voir organiser plus de courses de taureaux jeunes, car dit-il, c’est là leur rôle.
Et d’une manière générale, il appelait tous les participants à avoir plus à l’esprit le sens de l’intérêt général.
Un mot sur les problèmes sanitaires où, dira-t-il, nous ne pouvons que subir.
Après avoir rappelé les cinq points sur lesquels les délégués devaient voter, il évoquera la nécessité d’évoluer pour que « la compétition n’ôte pas à la course Camarguaise son but premier, celui d’être un spectacle ».
Une expérience sera tentée en début de saison, à savoir primer cocarde et premier gland à l’attaque, puis attendre pour primer le second.
Il encourageait les médias à s’exprimer sur la course Camarguaise en des termes plus accessibles par tous, et ce afin de mieux faire comprendre la course Camarguaise à des non initiés (potentiels futurs spectateurs).
Terminant sur une citation d’Albert Einstein, attribuant la responsabilité de la fin du monde, non pas à ceux qui cassent mais plus à ceux qui laissent faire.
Au cours de ce congrès, la FFCC a rendu un hommage fort, et fort mérité à Dudule, entendaient par là Frédérique DURAND.
Un raseteur très particulier pour qui faire plaisir au public était plus important que de faire des points, comme nous aimerions qu’ils soient plus nombreux aujourd’hui….La salle ne s’y est pas trompée et à ovationné Frédérique.
La commission des votes ayant terminé, lecture était faite des résultats.
Sur 3074 licenciés, 2923 étaient inscrits et 1685 se sont exprimés.
Oscillant entre 20 et 80 voix de majorité, toutes les propositions, à savoir 5 points de modification du règlement et quatre candidatures pour remplacer des membres démissionnaires du Comité Directeur, ont été rejetées.
Manifestement l’appel de l’ACTO à voter contre tout a été entendu.
Si l’association des clubs taurins organisateurs a voulu semer le trouble et déstabiliser la FFCC, je pense que c’est réussi. Mais au final, qui est gagnant ? Personne et surtout pas les taureaux, car certaines modifications proposées allaient dans le bon sens pour protéger un peu plus les taureaux et elles sont passées à la trappe à cause d’un esprit de revanche et de règlement de compte.
Tous se prévalent de vouloir défendre les taureaux, nous aurions aimé entendre une seule voix proposer le report du début de la saison taurine au début avril, l’hiver froid et surtout humide le justifiait largement. He bien non, on continu le bras de fer, on règle ses comptes …et on continu de vouloir nous faire croire qu’on aime les bioù.
Nos traditions ont besoin d’être fédérées, il ne m’appartient pas de porter un jugement sur les dirigeants de la Fédération. Ils ont été élus et si leurs méthodes ne sont pas bonnes, ou pire si le système des élections est mauvais, il y a moyen d’en changer. Mais pour cela il a un règlement, une vie démocratique pour changer tout ça. En voulant aller trop vite on commet des erreurs et le vote d’aujourd’hui n’en est-il pas une ? La course camarguaise a été mise à mal par les querelles partisanes de la saison dernière, la voilà replongée dans une impasse.
Décidément, les bioù n’ont pas fini de souffrir car ce sont les seuls à ne pas avoir la parole.
Nous avons recueilli à chaud la réaction de Mr Itier :
« D’abord des points de satisfaction que sont le nombre de présents et la qualité des interventions, cela prouve si besoin était que nous avons du potentiel pour avancer. Mais bien sûr une déception quand au vote qui a rejeté tout en bloc . Pourtant , moins de tourneurs, plus de pouvoir pour les présidents de course, plus de souplesse pour les organisateurs et une meilleure prise en compte de l’âge des taureaux dans les courses de Ligue étaient des propositions qui ne semblaient pas avoir d’opposants.
C’est donc un vote sanction contre la FFCC, c’est dommage et injustifié d’autant plus que j’ai reçu à deux reprises cette association qui ne m’a pas fait part de son opposition. Mais je me dois d’en tenir compte et c’est ce que je ferais dans l’intérêt de la course Camarguaise. »
Nous apprenions alors que la course d’après midi était annulée, heureusement que la météo est là pour aider les taureaux.
Emile Grande
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